1943, U.S.A., 1 h 18
Réalisé par Robert Siodmak
Scénario d'Eric Taylor d'après l'histoire de Curt Siodmak
Photographie de George Robinson
Musique d'Hans J. Salter
Costumes de Vera West
Décors de Russel A. Gausman & Edward R. Robinson
Avec Lon Chaney Jr (Comte Alucard), Louise Allbritton, Robert Paige, Evelyn Ankers, Frank Craven, J. Edward Bromberg, Samuel S. Hinds, Adeline de Walt Reynolds, Patrick Moriarity...
Résumé : Catherine Caldwelle tombe amoureuse du comte Alucard. Ils se marient une nuit peu après leur rencontre (Il y a anguille sous roche). Eh ! oui Catherine ne sait pas que le comte n'est autre que le vampire Dracula. L'ex fiancé de Catherine, Frank découvre la véritable identité du comte. Armé d'un revolver, il tire sur le comte...
UN CAS DE VAMPIRISME
Nul doute que dans les campagnes slaves l’existence de revenants étrangleurs et suceurs de sang ne soit une incontestable réalité . Les profanations de sépultures furent telles que les autorités durent légiférer à plusieurs reprises pour les interdire , en vain . La télévision roumaine a récemment couvert le fait divers suivant : décédé à 76 ans , un homme se serait transformé en vampire et aurait fait 6 victimes . Son cercueil fut donc ouvert nuitamment , et l’on constata que le cadavre avait du sang autour des lèvres . Son cœur fut arraché et brûlé , et l’on fit manger ses cendres à une vieille femme malade de sa famille . Selon le principe de similitude qui veut que l’on guérisse le mal par le mal , sa santé se rétablit .
Lors d’un voyage en Serbie , Prosper Mérimée fut témoin d’une scène hallucinante qui lui fit , selon sa propre expression , dresser les cheveux sur la t^^été . Le lecteur remarquera que les villageois n’ont pas recours aux objets saint .
Un soir , les deux femmes de la maison nous avaient quittés depuis une heure et pour éviter de boire , je chantais à mon ôte quelques chansons de son pays , quand nous fumes interrompus par des cris affreux qui partaient de la chambre à coucher ; il n’y en a qu’une ordinairement dans la maison , et elle sert à tout le monde . Nous y courûmes armés et nous y vîmes un spectacle affreux . La mère , pale et échevelée , soutenait la fille évanouie , encore plus pale qu’elle même et étendue sur une botte de paille qui lui servait de lit . . Elle criait :
- Un vampire ! Un vampire ! Ma pauvre fille est morte .
Nos soins réunis firent revenir à elle la pauvre Hava . Elle avait vu , disait-elle , la fenêtre s’ouvrir et un homme pale et enveloppé dans un linceul s’était jeté sur elle et l’avait mordue en tachant de l’étrangler . Aux cris qu’elle avait poussés , le spectre s’était enfui et elle s’était évanouie . Cependant , elle avait reconnu dans le vampire un homme du pays , mort depuis plus de 15 ajours et nommé Wieliczka . Elle avait sur le cou une petite marque rouge : mais je ne sais si ce n’était pas un signe naturel ou si quelque insecte ne l’avait pas mordue pendant son cauchemar …
Au point du jour tout le village fut en mouvement . Les hommes étaient armés de fusils et de hanzards (longs couteaux ) . Les femmes portaient des ferments rougis ( objet en fer ) . Les enfants avaient des pierres et des bâtons . On se rendit au cimetière au milieu des cris et des injures dont on accablait le défunt . J’eus beaucoup de peine à me faire jour au milieu de cette foule enragée et à me placer auprès de la fosse ...
Au moment où l’on enleva le drap qui couvrait le corps , un cri terriblement aigu me fit dresser les cheveux sur la tête : il était poussé par une femme à coté de moi : C’est un vampire ! Il n ‘est pas mangé par les vers ! .
Et 100 bouches répétèrent à la fois . En même temps 20 coups de fusil tirés mirent en pièces la tête du cadavre et le père et les parents de Khava le frappèrent encore à coups redoublés de leurs longs couteaux . Des femmes recueillaient sur du linge la liqueur rouge qui sortait de ce corps déchiqueté afin d’en frotter le cou de la malade . Cependant plusieurs jeunes gens tirèrent le mort hors de la fosse et bien qu’il fut criblé de coups , ils prirent encore la précaution de le lier bien fortement sur un tronc de sapin ; puis ils le traînèrent , suivis de tous les enfants , jusqu’à un petit verger en face de la maison . Là étaient préparés d’avance force fagots entremêlés de paille . Ils y mirent le feu puis jetèrent le cadavre et se mirent à danser autour et à crier à qui mieux mieux …
On entortilla le cou de la malade de ces lambeaux teints de la liqueur rouge et infecte qu’ils prenaient pour du sang et qui faisait un contraste affreux avec la gorge et les épaules à moitié nues de la pauvre Hava .