FOSSE COMMUNE DES AUTEURS
Posté le 18.10.2006 par cadavresexquis
Anthologie de Léa Silhol
Les vampires n'en ont jamais fini de murmurer à notre oreille. Comme une voix insistante dans la nuit. Ils ont des secrets à vous dire, et rien ne peut faire obstacle à leurs voix. Si vous les écoutez, qui sait où ils vous emmèneront ? Et ce qu'ils vous montreront ? En mon miroir, ces visions…
… par les yeux de…
Christophe Nicolas : Vers les montagnes au seuil d'une dernière aube, pour voir la mort se lever ?
James Malcolm Rymer : Pour voir gratter à la fenêtre le premier vampire de roman. Nuit d'orage, tonnerre, le bruit des ongles sur la vitre…
Kim Newman : Quand Dracula visite les hangars de Londres, démon et gentleman…
Ebatbuok : Fixés sur l'étrange confession qu'il confie à son ordinateur.
Nancy A. Collins : Quand Sonja Blue sort tard le soir, dans les bars goths de la ville…
Fabrice Colin : Eblouis par le rouge du sang sur le blanc de la neige. Et le rire lointain d'un enfant.
Lionel Belmon : Qui nous livre la genèse d'un étrange vampire dans un monde perdu.
Denis Labbé : Amoureusement, sur la valse de mort d'un tueur de monstres à l'amère poésie.
Tanith Lee : Où, au seuil de l'extinction d'un monde, une vampire mélancolique revient pour une dernière fois vers celui qui l'a créée.
Et sous les scalpels d'Estelle Valls de Gomis et Léa Silhol, pour des analyses et des guides de lecture sans compromis.
Et les couleurs de Dorian Machecourt, qui met en images ce que susurrent les mots…
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Posté le 18.10.2006 par cadavresexquis
LE GARDIEN DU CIMETIERE (1919)
Engagé comme gardien dans un ancien cimetière hébergeant le tombeau d'une Comtesse bulgare, un homme va de secrets en découvertes macabres, telles les habitudes alimentaires auxquelles se soumettent les deux gardiens en place, ou ce qu'il advint de ses prédécesseurs. Transformé progressivement en victime, la confrontation finale plongera le héros dans le sang et l'horreur.
Cette nouvelle, récit rétrospectif et lecture d'un journal intime, est axée sur le suspense et l'angoisse suscités par les multiples rebondissements contribuant à l'élaboration d'une situation effrayante. De plus le style de l'auteur, appuyé par les faits sordides qui émaillent le récit, témoigne bien de l'explosion au début du siècle dernier, de la littérature fantastique et des histoires de Vampires. Mais ici tout concours à tenir le lecteur en haleine, l'intérêt reposant sur le mystère lui-même. En effet, une fois la vérité découverte le récit s'achève en quelques lignes.
L'histoire ne porte pas sur le mythe du Vampire lui-même, l'auteur préférant centrer son intérêt sur l'atmosphère du cimetière où elle se déroule: très ancien avec ses tombes délabrées, ses recoins sombres et isolés, envahi de faune et flore sauvages. Jean Ray parvient ainsi à lui conférer une atmosphère lugubre et malsaine à souhait.
Ici le Vampire est issu du folklore, créature à abattre, dénuée de toute séduction et psychologie, se bornant à hurler et boire du sang. Mais, vulnérable et peu gourmande, la Comtesse Opolchenska se contente d'une seule victime par an!
Cette nouvelle, sans originalité au niveau du mythe, est néanmoins bien construite et très agréable à lire, son ambiance étant vraiment captivante...mais on aurais aimé en savoir plus sur cette étrange Comtesse
Posté le 18.10.2006 par cadavresexquis

Gustave Le Rouge (1867-1938), archétype du romancier populaire de la Belle Époque, a écrit comme un fou pour vivre de sa plume, après une jeunesse bohème dans les milieux symbolistes (Verlainiens et décadents, 1928). Théâtre, chroniques, et surtout romans en tous genres : sentimentaux, de guerre, policiers (Todd Marvel, détective), d'aventures (Le Mystérieux docteur Cornélius). Il a aussi marqué le genre naissant de la science-fiction en France avec Le Prisonnier de la planète Mars paru en 1908 et sa suite La Guerre des vampires en 1909. Son écriture frénétique, ses accumulations de péripéties et d'inventions extravagantes sur un rythme échevelé provoquèrent la joie des surréalistes qui clamèrent leur admiration pour ce " visionnaire scientifique " (Blaise Cendrars). Ce récit est publié dans une collection typique de la littérature de masse de cette période, à mi-chemin entre le livre et le périodique, avec sa pagination formatée (nombre de pages imposé, typographie en deux colonnes) et ses illustrations intérieures.
Depuis un demi-siècle, les connaisseurs de G. Le Rouge tiennent Le prisonnier de la planète Mars (et sa suite, La guerre des Vampires) pour son chef-d'oeuvre. C'est peut-être aussi le plus bizarre de tous les romans inspirés par la planète rouge. Grâce à l'énergie psychique dégagée par plusieurs milliers de fakirs rassemblés dans un monastère de l'Inde, Robert Darvel est projeté sur Mars. Il y découvre une vérité interplanétaire: la race la plus civilisée est la plus cruelle. Sur cette planète hallucinée, où la vie est un cauchemar à peine interrompu par le jour, les humains servent de cheptel à leurs maîtres, les vampires. Lesquels rendent le même service aux plus raffinés et aristocratiques d'entre eux: des pieuvres volantes, géniales et invisibles. Mais les Invisibles eux -mêmes tremblent devant le mystère caché par la montagne de cristal. Un mystère que Robert Darvel a bien l'intention de découvrir...
Voici, à titre d'exemple, un bref passage où Darvel détruit la statue d'un Erloor, c'est-à-dire d'un vampire, au coeur d'un village de Martiens humanoïdes : " Robert sourit, les rassura; puis, décidé à frapper un grand coup, il arracha l'idole de son piédestal, la saisit par ses ailes de cuir et la jeta au milieu du feu. Puis il coupa les courroies qui retenaient les victimes destinées à être immolées à l'appétit du dieu nocturne. Jamais missionnaire exterminant les fétiches de quelque peuplade du centre africain ne ressentit plus de fierté. Pourtant, malgré le geste de bravoure qui l'avait fait agir pour ainsi dire sans réflexion, il n'était pas sans inquiétude sur les conséquences de son acte. En voyant crouler l'image du vampire, en le voyant s'abattre au milieu des flammes, les Martiens avaient poussé une longue clameur d'angoisse et leur foule pressée était devenue immobile et silencieuse. Ils étaient pâles et tremblaient de tous leurs membres. Aouya et Eeeoys elles-mêmes s'étaient écartées avec un involontaire geste d'horreur. " Pour une première fois, songea Robert, j'ai peut-être été un peu loin.."
Posté le 16.10.2006 par cadavresexquis
LOKIS
Voici une nouvelle tirée d'un texte de Prosper Mérimée (Lokis) relatant de la mauvaise rencontre avec un vampire... suspens garantit
Posté le 16.10.2006 par cadavresexquis
LA FAMILLE DE VOURDALAK
En 1815, lors d'une soirée entre gens de la haute société, le Marquis d'Urfé raconte l'histoire macabre qu'il a personnellement vécu une cinquantaine d'année plus tôt : sa rencontre avec une famille de paysans serbes sous la menace d'un vourdalak. Il narrera les méfaits dudit monstre, et ce en deux temps : son apparition, et la conclusion de cette histoire.
Avec une grosse élipse entre les deux, puisque Urfé s'était éloigné de cette famille durant quelques temps, ce qui permet à Tolstoï (pas Léon, mais son moins célèbre cousin) de faire de sa seconde partie une seconde histoire à part, au début de laquelle autant son personnage principal que ses lecteurs ne savent plus à quoi s'attendre. Un procédé qui, en outre, permet de mettre en avant les conséquences du vampirisme : bien entendu, dans l'intervalle, certains humains seront devenus des monstres, et leurs comportements permettra donc de définir au juste quels sont les traits de caractère d'un vourdalak. Car la nouvelle de Tolstoï date ne l'oublions pas de la période pré-Dracula, et donc d'avant la popularisation du mythe du vampire. Un mythe très largement répendu dans les folklores européens dont il s'agit ici de la variante russe, bien qu'à vrai dire il n'y ait guère de différences entre le vampire tel qu'on le connaît et le vourdalak de la tradition russe. Tout juste peut on noter que le vourdalak s'en prend uniquement à sa famille et à ses amis proches.
Posté le 16.10.2006 par cadavresexquis
LA DAME PALE
La Dame pâle, conte fantastique extrait des Mille et un fantômes, fait l’objet d’une réédition séparée en format poche. Une histoire de vampire dumasienne, hautement romanesque et captivante, au cœur des Carpathes.
Les Mille et un fantômes forme à l’origine une œuvre « à tiroirs » composée de plusieurs contes fantastiques, à laquelle s’intègre l’étrange histoire de La Dame Pâle. Mais le titre désigne également un recueil plus important, qui regroupe d’autres nouvelles inquiétantes, souvent publiées indépendamment
Posté le 16.10.2006 par cadavresexquis
VIJ
Vij est une création grandiose de l'imagination populaire. Sous ce nom, les Ukrainiens désignent le chef des gnomes dont les paupières pendent jusqu'à terre. Tout ce récit vient d'une tradition populaire, je n'ai rien voulu y changer, et je le transmets dans la forme simple et dépouillée où il m'a été conté un jour
Posté le 16.10.2006 par cadavresexquis
La morte amoureuse
Fables de vampires, histoires de doubles et de sortilèges, monstres inquiétants et fantômes grinçants. On retrouve les thèmes chers à la première génération romantique, et notamment sa fascination pour le fantastique venu d'Ecosse ou de Rhénanie. A ceci près, cependant, que Théophile Gautier imprime sa marque propre à cet univers trouble de la rêverie humaine : chaque récit reçoit un supplément d'angoisse et de surnaturel qui renforce sa dimension fantastique et l'agrémente d'un surcroît de mystère. Presque tous ces contes, et plus particulièrement 'La morte amoureuse', 'Arria Marcella', 'Le club des Hachichinse, manifestent le regret de Gauthier de ne pouvoir échapper aux limites de la condition humaine et son besoin d'une évasion imaginaire au-delà du Temps et de la Mort.
Posté le 16.10.2006 par cadavresexquis
Longtemps attribué à lord Byron, cette nouvelle de Polidori met en scène un aristocrate, lord Ruthwen, qui vampirise son entourage. On n'évoque que partiellement les techniques utilisées par cet énigmatique personnage. En fait, il utilise son pouvoir de séduction pour entrer dans les cercles fermés des riches familles anglaises et européennes. On sait que la désolation s'abat sur ces familles après son passage. On le suit dans ses aventures à travers le regard du jeune Aubrey, un Anglais qui accompagnera en voyage lord Ruthwen, voyage qui les mènera à Rome et à Athènes. Naturellement, l'attachement de lord Ruthwen pour le jeune Aubrey ne sera pas innocent.
Certains critiques disent que ce texte peint de manière métaphorique l'ami de Polidori, lord Byron. En fait, le vampirisme dont est atteint lord Ruthwen ne ressemble pas tellement à ce qu'on est habitué de retrouver chez un vampire comme Dracula et ses descendants. On lui attribue un certain carnage dans les alentours de Rome, mais ce sont surtout des ruines d' empires monétaires qu'il sème dans son sillon. Il suce bien plus la richesse que le sang de ses victimes; quoiqu'on mentionne à la fin de la nouvelle la disparition tragique de la sœur d'Aubrey dont « le sang de son infortunée compagne avait assouvi la soif d'un vampire ».
Un autre texte fondateur du genre à ne pas oublier.
Posté le 16.10.2006 par cadavresexquis
Cet ouvrage, rédigé par un bénédictin érudit, renferme tout ce qui se disait et s’imprimait au début du XVIIIe siècle sur les Vampires. C’est la toile de fond du mythe vampirique.