GILLES DE RAIS
Posté le 19.10.2006 par cadavresexquis
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Pays de Retz et possessions de Gilles de Rais
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Un conflit larvé s'installe entre Gilles de Rais et l'Église, qu'il aurait défiée en reprenant par la force une de ses possessions (Voir liens externes). De ce fait, Gilles de Rais tombe sous la juridiction de l'Église, et permet à celle-ci de lancer parallèlement une procédure pour enquêter sur les rumeurs courant à son encontre. Le 13 septembre 1440, l'évêque de Nantes cite Gilles de Rais à comparaître après avoir recueilli des témoignages et des rumeurs sur les exactions de celui-ci. Il est accusé d'avoir violé, torturé et assassiné 140 enfants, notamment dans le cadre de rites sataniques, durant les huit années précédentes. Les chefs d'accusation sont les plus graves de l'époque : « sodomie, sorcellerie et assassinat ». Gilles de Rais, manifestement convaincu qu'il est trop puissant pour craindre quoi que ce soit, se laisse capturer. S'ouvre alors l'instruction du procès civil qui va être l'instrument de sa chute.
Le procès qui s'ouvre à Nantes le 8 octobre 1440 est très bien préparé et suit une stratégie machiavélique visant à le désarmer. Gilles de Rais a la possibilité de récuser les juges pour partialité à l'ouverture du procès, mais l'acte d'accusation ne fait alors état que d'un acte véniel, ce qui soulage l'accusé qui reconnaît la compétence des juges. Ce n'est qu'à la deuxième audience (le 13 octobre) que l'acte d'accusation complet est dévoilé, mais il est alors trop tard pour récuser les juges. Gilles de Rais se rend compte qu'il a affaire à un dossier d'accusation très étoffé et que de plus, son incarcération délie les langues. Les témoignages à charge commencent à affluer. Ses valets et ses complices qui l'avaient assisté dans ses crimes, également arrêtés et le voyant sans ressources, se mettent à l'accabler. Lors de son procès, Gilles de Rais comprend qu'il a été piégé et qu'il ne peut plus résister face aux accusations. Il s'emporte et se révolte, ce qui entraîne en réaction son excommunication par l'évêque qui préside le procès. Cette excommunication l’effraie et il se résout alors à faire ses aveux en l'échange de la levée de cette sanction, ce qui lui est accordé.
Sa confession, prononcée dans sa prison puis répétée à l'audience du 22 octobre horrifie l'assistance tant les détails de la cruauté décrite dépassent l'entendement. Le jugement est prononcé le 25 octobre : Gilles de Rais et ses deux valets sont condamnés à être pendus puis brûlés. A sa demande, le tribunal lui accorde trois faveurs: le jour de l'exécution, les familles des victimes pourront organiser une procession, il sera exécuté avant ses complices, son corps ne sera pas brùlé mais inhumé.
Le lendemain matin, le 26 octobre après une messe à la Cathédrale Saint-Pierre de Nantes, l'exécution est accomplie dans les prairies de l'île de La Biesse (aujourd'hui l'île est rattachée à la berge gauche de la Loire, le gibet avait été dressé à l'endroit de l'actuel Hôtel-Dieu). Tandis que ses valets, Poitou et Henriet, sont laissés sur le bûcher, le corps de Gilles de Rais en est retiré, avant d'être touché par les flammes. Conformément à la requête qu'il avait formulée et qu'on lui avait accordée avant son exécution, son corps est enseveli dans l'église du monastère des Carmes, à Nantes. Ce monastère et le monument funéraire dédié à sa mémoire furent détruits durant la Révolution française.
Ce procès est l'un des tout premiers procès des barons du royaume, qui jusque-là étaient maîtres en leur baronnie, et ne relevaient de la justice de personne.
Dans les souterrains du château de La Suze-sur-Sarthe (72), lequel lui a appartenu, auraient ultérieurement été découverts quelques 49 crânes humains. Il est difficile de connaître le nombre exact de ses victimes, si au moins 140 personnes ont été reconnues, la fréquence de ses crimes sur une période de huit ans laisse supposer qu'il ait pu assassiner jusqu'à 800 enfants. Gilles de Rais disposait de ses hommes de main, qui étaient parfois des anciennes victimes, et servaient de rabatteurs. Ils cherchaient dans un premier temps les enfants livrés à eux-mêmes, sinon ils engageaient des enfants à travailler au château (ce qui était un privilège), puis, si les parents demandaient des nouvelles, on leur retorquait souvent que leur enfant indigne s'était enfui.
Dans son livre « Le procès de Gilles de Rais », paru en 1965, Georges Bataille voit en Gilles de Rais la figure exemplaire d’une époque de la féodalité où la raison balbutiante n’avait pas encore muselé la fête archaïque de la violence : « Sa noblesse a le sens d’une violence ne regardant rien et devant laquelle il n’est rien qui ne cède
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Petit-neveu du connétable Bertrand Du Guesclin — le héros du siècle précédent dans les premières luttes de cette interminable guerre contre les Anglais — Gilles de Rais entreprend une carrière militaire, qui allait se révéler brillante. Il s'illustre d'abord sous les ordres de Jean V de Bretagne en prenant une part active dans les querelles résiduelles de la Guerre de succession de Bretagne entre les Montforts et les Penthièvres (1420). Il combat ensuite contre les Anglais à partir de 1427 (jusqu'en 1431), lors de la guerre de Cent Ans, dont il sera un des héros, notamment aux côtés de Jeanne d'Arc. Après l'éclatante victoire de Patay, Charles VII est sacré roi de France à Reims le 17 juillet 1429, et Gilles de Rais, mandaté « d'aller quérir la Sainte-Ampoule[1] » est nommé maréchal de France par ce dernier en guise de récompense pour ses valeureux services.
Son échec, avec Jeanne d'Arc, lors du siège de Paris — dû à une trahison de La Trémoille qui a fait se replier l'armée française — entraîne son discrédit auprès de la Cour et l'incite à se retirer sur ses terres et en particulier dans son Château de Tiffauges en Vendée, lieu où se seraient déroulés les crimes dont il fut accusé.
Six ans jours pour jour après la prise d'Orléans du 8 mai 1429, Gilles de Rais offre à Orléans une série de reconstitutions de la bataille à ses frais : des centaines d'acteurs nourris, logés, changés à chaque représentation. C'est lors de ce « Mystère du siège d'Orléans » dont les représentations durent un an, et de ses frais énormes, que les difficultés financières du prince prennent un tour dramatique, sans espoir d'y remédier. Face à cela sa famille est incitée à lui intenter un procès (qu'elle gagne) afin d'interdire à quiconque d'acheter des terres lui appartenant.
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Gilles de Montmorency-Laval, baron de Rais, comte de Brienne, dit Gilles de Rais (ou Gilles de Retz, ou Gilles de Rays), surnommé Barbe-Bleue (né en septembre ou octobre 1404 au château de Machecoul - décédé le 26 octobre 1440 à Nantes), maréchal de France, compagnon de Jeanne d'Arc, fut exécuté par pendaison pour meurtres et sorcellerie. Il est apparenté à la famille de Montmorency. Il est seigneur de Rais, d’Ingrandes et de Champtocé-sur-Loire. Ses immenses revenus, ses alliances avec de grandes familles nobles, sa parenté avec la famille royale de France et la dynastie ducale de Bretagne, firent de lui un des seigneurs les plus en vue de son époque.
En 1400, Jeanne de Rais dite Jeanne la Sage (1331-1406), dernière héritière de la famille de Rais, désigna Guy de Laval-Blaison (fils de Guy de Laval dit Brumor de Laval et petit-fils de Foulques de Laval), futur père de Gilles de Rais, comme seul héritier, à l'unique condition qu'il abandonnât pour lui et ses descendants le nom et les armes de Laval, pour prendre les armes et le nom de Rais. Il hérite de ce fait des seigneuries de Machecoul, Saint-Étienne-de-Mer-Morte, Pornic, Princé, Vue, Bouin, qui forment le pays de « Rais » (actuellement Retz).
Guy de Laval-Blaison, après avoir consenti en février 1404 au mariage avec Marie, la fille de Jean de Craon, devient baron de Rais, doyen des barons de Bretagne, titre dont son fils Gilles héritera.
Après la mort de sa mère en 1415 et de son père la même année ou au commencement de l'année 1416, Gilles de Rais est élevé par son grand-père maternel, Jean de Craon, à la réputation sulfureuse.
Après deux fiançailles rompues par la mort prématurée à chaque fois de la fiancée, Gilles de Rais, respectant le contrat de mariage signé le 30 novembre 1420, finit par se marier le 26 juin 1422. Il épouse en l'église Saint-Maurille de Chalonnes-sur-Loire, Catherine de Thouars qu'il aurait soit-disant enlevée dans ce but, le 24 avril 1420. Son épouse lui donna une fille, Marie de Laval (1429-1457), qui épousera l'amiral Prigent de Coëtivy puis le maréchal André de Laval de Lohéac